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This summer the Episcopal Peace Fellowship sponsored a
nonviolence training conference in the Episcopal Diocese of Haïti. Over 100
young adults gathered in Port au Prince from around Haïti for this four day
seminar. I was privileged to tag along for the ride -- aiding our facilitator,
engaging with participants, preaching and celebrating Eucharist in French, struggling to decipher Kreyol. And to top it off, I left Haiti with Paul Farmer, co-founder of Zanmi Lasante/Partners in Health, on my flight (and yes, I was too chicken to talk to him...)! You may see more photos of our time in Haïti here.
La Rev. Nicole S. Janelle
Sermon sur le thème « La paix est un don de
Dieu »
Eglise Episcopale d’Haïti
Paroisse
Ascension, Thor-Carrefour
08.14.2008
Je voudrais commencer par remercier le Père Fanfan pour m’avoir invitée à prêcher aujourd’hui. C’est un honneur d’être ici parmi vous, d’apprendre de votre bon travail dans l’église du Haïti.
Un petit mot sur mon travail: Je suis chapelain et pasteur d’une communauté universitaire cent milles au nord de la grande ville de Los Angeles, dans un quartier universitaire et Latino. Je travaille principalement avec la communauté universitaire, mais aussi avec tous les membres de notre quartier pour offrir des programmes bilingues qui encouragent le développement de la vie spirituelle des participants. Ce voyage au Haïti est mon premier, mais j’espère que ce ne sera pas mon dernier. Ce sermon en français, c’est aussi mon premier, et ce sera peut-être more dernier – on verra !
« La paix est un don de Dieu. » Cela est le thème de notre temps ensemble et le thème sur lequel on m’a demandé de réfléchir.
Cette année une étudiante Juive est venue à plusieurs de nos services dans ma paroisse. Elle a beaucoup aimé son expérience et une journée elle m’a présenté une liste des aspects favoris de notre culte. La première chose sur sa liste: La paix du Christ. Elle écrit : « Que la paix soit avec vous. Ou plutôt, la paix est cool. J’aime l’idée que nous n’oublions pas cette idée de la paix dans notre vie quotidienne. Je crois que c’est un geste positif et que c’est quelque chose qu’on devrait prendre l’habitude, de la paix chaque jour dans notre vie et notre monde. Ça me semble trop facile d’oublier que la paix peut exister dans un monde plein de violence et de guerre. La meilleure partie de ce rite est la chance de faire contact avec les autres membres de la communauté – on peut toucher la main pour mieux connaître les gens. C’est un geste chaleureux. » Parfois ça prend le commentaire d’une personne de « l’extérieur » pour que l’on puisse voir et apprécier l’importance de nos rites. Il y a 40 ans aux Etats-Unis, les étudiantes marchaient en masse dans les rues pour la paix et la justice. Aujourd’hui, nous ne voyons plus de telles manifestations. Et c’est pour cela que la présence d’une église qui enseigne à ses membres le travail de « créer la paix » est tellement importante.
Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus se trouve dans les montagnes avec ses disciples. Il leur enseigne dans son fameux sermon sur le mont: « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu! » Jésus parle de beaucoup de choses dans ce sermon – mais cette ligne « Heureux les artisans de paix, car il seront appelés enfants de Dieu » est unique à l’évangile de Matthieu. Cinq chapitres plus tard, on retrouve Jésus qui dit « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la glaive. Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère, la brue à sa belle-mère: on aura pour ennemis les gens de sa famille. »
À première vue, c’est un peu difficile de comprendre les différences entre ces deux textes. D’un côté Jésus propose l’idée que ceux qui procurent la paix sont en train de faire le travail de Dieu. De l’autre côté, il propose une sorte de guerre entre ses disciples et une absence de paix entre les membres de la même famille. Que peut-on faire de ces textes?
Le maître de la non-violence, Mahatma Gandhi disait que la paix nécessite non seulement l’absence de violence mais la présence de justice. C’est ce que Jésus prêchait. Il savait que la paix a souvent son prix, des travaux durs, des risques à prendre, même la mort. Il savait que la paix ne marche pas la main dans la main du statu quo, mais qu’elle demande beaucoup d’efforts pour l’atteindre et pour la sauvegarder. Quand Jésus parle de la paix, c’est la paix qui a sa racine dans le mot « Shalom » qui signifie plus que l’absence de conflits, mais aussi la présence d’harmonie et de communion. Les artisans de paix ne doivent pas éviter le conflit, mais ils doivent en plus confronter le mal pour qu’il ne continue ses ravages. Heureux les artisans de paix, car ce sont eux qui choisissent de prendre des risques face à la violence, à la recherche d’un monde où l’on subvient aux besoins de chaque humain et où l’on pratique le respect pour tous.
Récemment, j’ai lu un article dans le New York Times à propos d’un réchercheur d’épidémiologie à Chicago qui a une nouvelle façon d’aborder le problème de la violence. Il soigne la violence comme si c’était une maladie infectieuse, un virus. La violence des gangs est un problème infectieux dans les grandes villes des Etats-Unis. Chaque fusillade, chaque meurtre laisse une dévastation profonde dans la communauté. Il y a beaucoup d’experts qui pensent qu’on ne peut améliorer la pauvreté urbaine sans rompre ce scénario habituel de violence. Dans ce but, on augmente les ressources pour la sécurité, et on impose des peines de prison plus lourdes, ce qui rarement contribue à solutionner le problème. Mais ce réchercheur voit le problème autrement. Il croit que la violence imite les infections comme la tuberculose et le SIDA, et alors, il propose de traiter la violence d’une façon semblable. C’est à dire, traiter le plus infecté d’abord pour supprimer l’infection. La tuberculose engendre la tuberculose. La violence engendre la violence. Il propose d’interrompre la prochaine transmission de violence, le prochain geste violent. Pour le moment son plan a l’air de marcher. Les artisans de paix dans ce programme de santé publique sont les anciens membres de gangs. Ils s’entraident et ils reçoivent l’appui de ce programme pendant qu’ils travaillent dans la rue pour interrompre la violence. Ils se rencontrent avec les membres des gangs et les familles touchées par la violence – des groupes qui ont le pouvoir de perpétuer cette violence – et ils essaient de persuader ces individus de ne plus se venger. La glaive que ces interrupteurs apportent dans ce milieu, c’est le don de paix.
Dans mon état natif du Maine, un autre programme qui s’appelle Les Grains de Paix regroupe des enfants qui viennent d’endroits en conflit – notamment l’Israel et la Palestine—pour du camping et un été de dialogue non-violent. Ce sont des enfants qui grandissent dans des pays voisins et qui apprennent à haïr l’autrui. Arrivés dans le Maine, ils apprennent à vivre ensemble, à se parler, et ils deviennent des artisans de paix qui peuvent imaginer un nouveau monde. Cette colonie produit depuis quinze ans un cadre d’amis pour la paix, qui comme adultes, travaillent, en politique internationale, dans le monde des affaires, en médecine, dans les organismes à but non-lucratif et dans les médias. Rentrés dans leur propre pays, ils risquent tout, même l’opposition de leur famille, leurs amis, et leur communauté
La paix est un don de Dieu. Nous devons lutter pour l’atteindre et ce n’est jamais facile. Il y cinquante ans, le vendredi saint 1968, des milliers d’activistes anti-nucléaires britanniques manifestaient à Londres. C’est à ce temps qu’est né le symbole de paix que nous connaissons tous aujourd’hui. Le cercle représente le monde et les symboles à l’intérieur représentent le désarmement nucléaire. Ce symbole s’est répandu à travers le monde, utilisé par les anti-militaires de la guerre au Vietnam, les hippies, et le mouvement pour les droits civiques. Certains ont dit que le symbole à l’intérieur représente le désespoir d’un être humain qui se traine les bras par terre
Aujourd’hui, comme dans le temps de Jésus, la famille humaine est en désespoir et la paix est en danger. D’un côté, la paix est un concept inconnu pour ceux qui vivent dans la violence. De l’autre côté, on a domestiqué la paix pour ceux qui vivent dans l’aisance. C’est dans la complexité de l’enseignement de Jésus où l’on peut trouver notre chemin. Jésus comprenait l’interconnectivité de la communauté humaine. Et c’est peut-être en saisissant cette idée – que mon bien-être dépend de votre bien-être, et que votre bien-être dépend de mon bien-être – que nous pouvons commencer à découvrir le don de paix. Jésus savait que le chemin vers la paix ne serait pas facile, plein d’obstacles. Malgré tout cela, nous pouvons trouver à travers le monde des signes encourageants, des niches de paix : les interrupteurs de violence à Chicago et les grains de paix qui se forment dans le Maine. Dans mon diocèse de Los Angeles, nous avons commencé un nouveau programme pour les jeunes, La Colonie de Paix, et une vingtaine de jeunes gens y ont passé une semaine pour se transformer en artisans de paix. Vous connaissez sûrement tous des artisans de paix qui travaillent déjà dans vos églises, dans vos communautés. Ce sont nos rayons d’espoir.
Chaque août, nous commémorons la dévastation de la ville de Hiroshima par les forces armés des Etats-Unis. Lié à cette tragédie est l’histoire de personnes qui se dévouent pour la paix, qui deviennent des artisans de paix. Vous connaissez peut-être l’histoire de la jeune Sadako qui avait à peine deux ans quand la bombe fut larguée sur Hiroshima. Toute jeune, elle semblait athlétique, vigoureuse et brave. A l’âge d’onze ans, elle fut diagnostiqué leucémique, la maladie de la bombe atomique. C’est alors que son amie lui récita le vieux conte japonais qui prétend que notre vœu le plus cher nous sera accordé si l’on plie mille grues en origami. Sadako espérait rétablir sa santé et pouvoir un jour courir et jouer avec ses amis. Elle s’est mise à l’œuvre et a réussi à compléter plus de mille grues en papier multicolore avant sa mort à l’âge de douze ans. Sadako n’a jamais perdu courage. Inspirés par l’exemple de Sadako, ses amis ont eu l’idée de construire un monument à la mémoire de Sadako et de tous les autres enfants japonais, victimes des bombardements atomiques. Les enfants à travers le Japon ont amassé les fonds nécessaires en trois ans. On a érigé dans le Parc de la Paix une statue de Sadako tenant dans la main une grue dorée. Les enfants ont aussi fait le vœu inscrit sur une plaque au pied de la statue: « Notre supplication, notre prière, c’est la paix dans le monde. » Aujourd’hui partout dans le monde, les gens plient des grues en origami et les envoient au monument de Sadako à Hiroshima.
Que Dieu vous bénisse et bénisse votre trajet
comme artisans de paix. Comme les enfants de Hiroshima, que vous ayez le
courage de surmonter les obstacles sur le chemin, la force pour persévérer, et
la créativité pour semer les grains de paix, selon vos besoins, à travers vos
communautés. La paix est un don de Dieu!
Amen.